White Chalk

Cinéma, Télé, Musique, Littérature...

02 août 2009

Ego Trip.

Besoin de neuf, c'est purement psychologique. Purement débile aussi.

http://anthropometries.canalblog.com/

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24 juillet 2009

En Vrac

Vu Les Beaux Gosses de Riad Sattouf, drôle, poétique et audacieux, un peu un nouveau burlesque, avec un côté BD réjouissant. Keaton jouait avec le corps, Tati avec le son, Sattouf avec l'espace. Une très bonne surprise.

Revu Festen de Thomas Vintenberg, un des grands films des 20 dernières années, radical, brutal, expérimental et courageux.

Vu Ils de David Moreau & Xavier Palud, un film d'épouvante efficace pendant les cinq premières minutes puis vite lassant et surtout très moche, mal écrit et mal joué. Assez honteux.

Vu Halloween de Rob Zombie, à des années lumière du chef d'oeuvre de Carpenter. Un joyeux massacre, plutôt mauvais.

Vu Twilight - Chapitre 1 : Fascination de Catherine Hardwicke. Oui, j'ai honte, même si ce n'est pas aussi lamentable que ce à quoi je m'attendais. C'est même intéressant pendant la première demi-heure. Et puis ça devient vraiment naze par la suite.

Revu The Hangover de Todd Phillips, le film le plus drôle de l'année.

Vu Angel Heart d'Alan Parker, très bon polar teinté de fantastique, très prenant, bonne ambiance, interprétation magistrale. Totale satisfaction.

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17 juillet 2009

Fanny & Alexandre - Ingmar Bergman (1982)

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Uppsala Mon Amour

Je crois qu'on attend tous cette oeuvre ultime qui nous fait oublier toutes les autres. Je l'ai trouvée. C'est Fanny & Alexandre d'Ingmar Bergman, le plus grand cinéaste de tous les temps (paix à son âme). C'est simple, tout Bergman est là-dedans, de Persona à Cris et Chuchotements en passant par Le Silence, Le Septième Sceau et Sourires d'une Nuit d'Eté. Mais c'est un Bergman apaisé, et c'est sans doute cela qui fait de Fanny & Alexandre un vrai film-testament. Le cinéaste suédois a atteint la sagesse, la perfection, la plénitude. Mais ce n'est pas un film "de vieux" pour autant, bien au contraire. A 39 ans, Bergman parlait de la vieillesse avec une justesse inouïe dans Les Fraises Sauvages. A 64 ans, il réalise paradoxalement le film ultime sur l'enfance. Mais c'est aussi un film sur l'art, l'imagination, le mensonge, la famille, la religion, le temps, la vie, la mort, l'âme, la fragilité de l'humain, le cinéma lui-même... Tout est condensé en un film, toutes les obsessions du cinéaste, toutes les nôtres aussi. C'est absolument sidérant. La bête fait quand même pas mois de cinq heures, et ce n'est presque pas suffisant.

Ingmar Bergman, artiste torturé et austère à ses heures, semble avec ce film effectuer un parcours initiatique vers le sagesse et l'acceptation (de la noirceur de la vie, de l'inéluctabilité de la mort). Son film est à la fois hyper-personnel et universel, il mêle à la fois autobiographie et questionnements philosophiques qui nous concernent tous. Le cinéaste regarde sa vie, son enfance, ses souvenirs, tout en brouillant les pistes. Il se confie totalement et magnifiquement, en mentant, trichant, fabulant grâce aux artifices du cinéma. La quintessence de cette démarche apparaît clairement dans la scène de kidnapping des enfants. Fanny et Alexandre sont enfermés dans un coffre qui les emmène hors de la maison de leur tyrannique beau-père, mais ils sont au même moment allongés dans leur chambre. Le cinéma est l'art de l'illusion et de la manipulation par excellence. Si Bergman a décidé que Fanny et Alexandre sont à la fois dans le coffre et à la fois dans leur chambre, c'est qu'il en est ainsi.  L'art ne fait que mentir et tricher, et c'est cela qui le rend nécessaire et sublime. Fanny & Alexandre célèbre ainsi la beauté de l'imagination et de l'art. L'art comme seule échappatoire à l'horreur de la réalité. L'art comme un petit monde à part (ce que dit Oscar à propos du théâtre au début du film), dépendant de la réalité mais libre à la fois, où il fait bon se retirer. Bergman a été sauvé par l'art, et c'est en créant une oeuvre d'art qu'il atteint la sagesse et l'apaisement. Le film se conclut sur un happy-end, chose extrêmement rare chez le cinéaste suédois et qui témoigne de son état de sagesse. Après avoir passé des années à s'interroger sur le silence de Dieu (pour déboucher ici sur une vision ironique : Dieu représenté par une marionnette géante manipulée par l'homme), les affres du couple, la dureté de la réalité etc, il comprend enfin la vie et l'accepte dans toute son horreur et dans toute sa beauté éphémère.

Le premier acte du film, sans doute le plus beau, nous présente la famille Ekdahl célébrant Noël. C'est l'effervescence, la joie, toute la beauté de l'existence en une heure et demie de film. Mais chaque personnage (et ils sont nombreux) a des blessures béantes, chaque protagoniste de l'histoire est ainsi d'une justesse et d'une humanité incroyables. Et je pèse mes mots. Ensuite, les choses s'accélèrent. Oscar Ekdahl, le père de Fanny et Alexandre meurt. Sa femme Emilie se remarie avec un prêtre austère, antisémite, fanatique et sado-maso sur les bords qui bat Fanny et Alexandre à la moindre occasion. Et on bascule dans la tragédie, et parfois dans le surnaturel pur. Bergman règle ses comptes avec ses démons, avec son passé, avec la Mort et ses autres obsessions, Fanny & Alexandre est un gigantesque fourre-tout, mais tout reste parfaitement jaugé et équilibré et respire la perfection. Tout semble nécessaire, magnifique. Chaque plan est un tableau de maître, chaque raccord est travaillé au millième de seconde près, chaque note de musique est placée exactement au bon moment... Pourtant tout le film semble s'écouler naturellement, il ne paraît à aucun moment artificiel ou trop pensé, austère ou trop rigoureux. Le film est grave mais pas dénué d'humour (en témoigne cette scène où l'oncle dépressif initie les enfants aux vertus du pet), il est à la fois trivial et extrêmement raffiné, forcément intellectuel mais sans négliger l'émotion, il paraît académique de prime-abord mais est en fait extrêmement audacieux. Je vais m'arrêter là en fait. Fanny & Alexandre est la perfection incarnée, et ça, ça impose le silence. Les éditeurs de DVD n'ont plus qu'à se sortir les doigts du fion pour éditer ce chef d'oeuvre absolu. Définitivement le plus grand et le plus beau film du monde à mes yeux.

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15 juillet 2009

My Own Private Idaho - Gus Van Sant (1991)

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Have a Nice Day !

Idaho. Portland. Seattle. Portland. Idaho. Rome. Portland. Idaho. Mike, prostitué gay narcoleptique, est sans cesse en mouvement. Il part, revient, marche, roule, tombe, s'endort, se réveille, baise un peu partout. Il n'a rien à perdre, rien à gagner, il n'a pas d'attache, pas d'argent, pas de but. Scott, un autre prostitué gay, fait un bout de chemin avec lui. Mike recherche sa mère, il ne le trouvera jamais. Il s'éprend de Scott, qui lui rencontre une paysanne italienne qu'il épouse. Mike se retrouve à nouveau seul.

My Own Private Idaho incarne pour ainsi dire la quintessence du cinéma indépendant américain. Gus Van Sant, dans une démarche résolument post-moderne, multiplie les références (de Shakespeare aux road-movie en passant par le cinéma underground gay) et signe une oeuvre arty complexe, onirique, frénétique et bouleversante sur le vide de l'existence et le manque d'amour. Et sur plein d'autres choses aussi. Mais c'est surtout le vide qui intéresse Van Sant, comme plus tard dans Gerry ou Last Days. Ici, le vide est sans cesse comblé par trop de couleurs, trop d'images, trop de mouvements, trop de sons. Le film avance à un rythme fou, il ne cesse jamais d'avancer, mais il fait du sur-place, et la faille reste béante. L'existence de Mike tout comme celle de Scott reste vide de sens, vide de substance. River Phoenix, le James Dean des temps moderne et sans doute le plus grand acteur de sa génération, incarne un héros grunge par excellence, laconique, dépressif, drogué et désemparé.

Avec une mise en scène toujours plus audacieuse, expérimentale et tout simplement sublime, Gus Van Sant filme le parcours chaotique et vain de Mike avec une compassion totale et toujours une pointe d'humour et d'ironie malgré la dimension tragique de l'ensemble. My Own Private Idaho est plein de non-dits et de douleur, il est fin, romantique, politique, philosophique, drôle et mélancolique à la fois, taciturne et éxubérant, et à peu près tous les adjectifs du monde. Un grand film, extrêmement riche, insaisissable et attachant comme pas possible, qu'il faut sans doute revoir pour en comprendre toute la beauté. Totale satisfaction en tout cas.

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The Reader - Stephen Daldry (2009)

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Banalité du Mal

Michael a quinze ans quand il rencontre Hanna en 1958. Elle en a quarante. Ils entament une liaison passionnée et ambigüe. A chacun de leurs rendez-vous, il lui lit un passage d'un livre. Un beau jour, Hanna disparaît. Quelques années plus tard, Michael est étudiant en droit et assiste à un procès de criminels de guerre nazis. Hanna est sur le banc des accusés. The Reader est un best-seller à la base, et on comprend qu'avec une histoire pareille il fasse l'objet d'une adaptation cinématographique très attendue. Et redoutée aussi. Stephen Daldry, réalisateur de Billy Eliott et The Hours, n'était pas forcément un nom très rassurant. Il réalise pourtant une adaptation plus qu'honnête, poignante, certes classique mais pas convenue pour autant. The Reader prend à la gorge, il met mal à l'aise, il bouleverse, et fait aussi beaucoup réfléchir sans jamais être bêtement didactique.

La première partie du film s'attache à décrire "l'éducation sentimentale" et l'initiation sexuelle de Michael. La caméra de Daldry scrute chaque frisson pudique, chaque sensation, elle caresse les corps avec douceur et volupté. La mise en scène, la photographie, le montage sont absolument irréprochables bien qu'extrêmement classiques, et la relation ambigüe qui se noue entre Michael et Hanna fascine autant qu'elle émeut. Puis on glisse de l'intime vers le "collectif", et le film en devient d'autant plus passionnant. Daldry n'analyse plus les soubresauts des corps, mais celui d'une nation : l'Allemagne, anéantie, perdue.

Les écrits d'Hannah Arendt ont manifestement eu une incidence profonde, aussi bien sur le livre que sur le film. Il est question ici du sentiment de culpabilité d'un pays, de sa tentative désespérée de se reconstruire à partir de ce qui n'est plus que cendres, mais surtout de ce qu'Arendt appelle la "banalité du mal". Hanna Schmitz, comme Eichmann, apparaît comme une femme ordinaire qui n'a fait qu'obéir aux ordres, dépassée par les événements, incapable de toute intiative. Daldry, sans aucun mauvais goût, force naturellement la compassion pour le personnage d'Hanna avec tous les artifices cinématographiques à sa disposition.  Mais sans abus, sans maladresse, toujours avec justesse, comme si c'était une nécessité. Le mal prend ainsi un visage familier, triste et désemparé. Le système totalitaire est fait de telle façon que l'humain n'existe plus. Hanna est une machine déshumanisée, elle n'a plus conscience de son humanité ni de celle des autres, elle se contente d'agir par réaction mécanique. La première partie du film apparaît ainsi sous un jour nouveau. Hanna et Michael faisaient l'amour de façon également mécanique, obéissant à un rituel précis. L'histoire du nazisme est l'histoire d'une déshumanisation.

The Reader, malgré sa mise en scène parfois trop classique, trop neutre, sa construction narrative convenue et ses quelques scènes "obligées" (le cimetière à la fin, etc) est ainsi une oeuvre passionnante qui ne se contente pas de raconter mais essaye également de comprendre. Le film est riche tout en étant accessible, il pose les bonnes questions tout en laissant une place importante à l'émotion pure et au malaise. Kate Winslet n'a en plus pas volé son Oscar. Elle est simplement divine dans ce rôle complexe, jamais dans le sensationnel, toujours dans le refoulement. La mise en scène semble souvent découler naturellement de son jeu. Cette femme perdue, déshumanisée et criminelle est absolument bouleversante.

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The Way We Were (Nos Plus Belles Années) - Sydney Pollack (1973)

nosplusbellesannes

Souvenir(s)

Voilà un film dans la plus pure tradition hollywoodienne, sans doute déjà daté à sa sortie en 1973 mais tout de même assez délicieux. Pas un grand film romanesque comme la pochette du DVD nous le vante, simplement une jolie comédie sentimentale qui ne mange pas de pain et qui a le mérite de ne pas puer la guimauve rassise. C'est drôle, tendre, et parfois même émouvant. Et peut-être aussi un peu plus que ça finalement.

On peut se foutre de la gueule de Barbra Streisand autant qu'on veut, n'empêche qu'elle est absolument géniale dans ce rôle de militante communiste grande gueule. Si elle avait pu éviter de chanter pour le générique, ç'aurait été encore mieux (on se la tape au générique de début et au générique de fin, l'horreur !). Redford est parfait, comme d'habitude, élégant et désinvolte, avec un sourire Colgate presque aussi puissant que celui de Burt Lancaster.

Ils se rencontrent à la fac pendant la Seconde Guerre Mondiale, ils se détestent, puis tombent discrètement amoureux, puis se retrouvent quelques années plus tard, un peu à la Casablanca, lui bourré dans son uniforme de la Marine, elle avec les cheveux lissés, et l'histoire d'amour commence. L'intime, l'histoire avec un petit "h", se mêle sans cesse à l'Histoire avec un grand "H". Roosevelt meurt : première crise de couple. McCarthy lance la "chasse aux sorcières" : seconde crise de couple, fatale cette fois.  Lui, immobile, vit dans le présent. Elle, sans cesse en mouvement, vit dans le futur, toujours en train de tenter de construire l'Amérique idéale. Ils ne font finalement que se courir après, sans jamais vraiment parvenir à se coordonner. Pollack brode ainsi autour des thèmes du souvenir, intime ou collectif, de l'Histoire et de son incidence sur l'histoire intime ou inversement, et du temps forcément, qui ne s'arrête jamais de s'écouler. Pas de grandes ambitions philosophiques non plus, mais au moins il y a quelque chose derrière et The Way We Were acquiert ainsi une dimension toute autre.

Le film a un côté désuet assez embêtant par contre. Pollack ne tente rien et se contente de  nous pondre un objet tout ce qu'il y a de plus académique. De l'académisme de qualité sans doute, mais il y avait matière à bien mieux à mon avis. C'est du déjà vu en somme, assez vieillot, assez frileux. Et puis il y a quelques problèmes de scénario : le rythme se tasse vers la fin du film, on s'ennuie un peu, et certains personnages qui auraient mérité d'être plus développés (notamment celui interprété par James Woods, assez drôle d'ailleurs avec sa tronche d'intello coincé) sont à peine esquissés malgré leur potentiel et disparaissent même parfois au cours du récit. Tant pis après tout, The Way We Were reste amusant et émouvant pour toute âme un tant soit peu romantique.

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14 juillet 2009

The Shop Around The Corner (Rendez-Vous) - Ernst Lubitsch (1940)

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Vous Avez Un Mess@ge

Ca a l'air comme ça d'être une petite comédie romantique sans conséquence. Mais n'oublions pas que le réalisateur s'appelle Ernst Lubitsch, et qu'on ne répétera jamais assez que ce mec est un génie. The Shop Around The Corner est donc un vrai chef d'oeuvre, profond, drôle et mélancolique, largement à la hauteur d'un To Be Or Not To Be. L'histoire est toute simple mais terriblement efficace : deux inconnus échangent une correspondance par lettres passionnée sans savoir qu'ils se côtoient tous les jours et qu'ils se détestent. La scénario est d'une virtuosité et d'une justesse impressionnantes, multipliant les retournements de situation, les quiproquos et autres coups de théâtre avec une habileté et un sens du rythme plus que remarquables. C'est l'exemple même d'un scénario parfait, sans faille, sans irrégularité aucune.

Ce qu'il y a aussi de magnifique dans ce film, c'est qu'autour de la trame principale viennent se greffer  un tas d'autres petites histoires parfois drôles, parfois bouleversantes : l'ascension d'un jeune coursier opportuniste, le désespoir d'un vieil homme abandonné qui cherche quelqu'un pour passer le Réveillon avec lui, une histoire d'adultère, un détective privé, une tentative de suicide, un fils malade... Toutes ces histoires inter-connectées rendent les personnages d'autant plus humains, d'autant plus vrais et donc d'autant plus attachants et émouvants. Chaque protagoniste se voit apporter un soin particulier, rien n'est laissé au hasard, les personnages semblent vivre en dehors de l'histoire même du film. 

C'est aussi un film très profond sur la précarité sociale et les rapports de classe. Le chômage plane tout le long, comme une menace terrifiante, inéluctable. Lubitsch s'amuse aussi à singer la déférence des employés envers leur patron et The Shop Around The Corner prend ainsi parfois des allures satiriques et militantes assez réjouissantes. Il ne serait pas un peu coco sur les bords le Ernst ? Toujours est-il que l'amour et l'amitié semblent être les seuls échapatoires face à l'oppression sociale, et le happy end, bien qu'assez drôle laisse un arrière-goût amer. Lubitsch nous dépeint l'homme dans tous ses états : aliéné par le travail, envieux, opportuniste, seul, égoïste, solidaire, assujetti, hypocrite ou amoureux. The Shop Around The Corner est un film extrêmement humaniste et romantique, sans doute aussi un peu marxiste, un plaisir de chaque instant.

La mise en scène, très dynamique malgré l'espace clos du magasin dans lequel se déroulent les trois quarts du film, insiste de la plus belle des façons sur la thématique du rapport de l'homme à la société. Les personnages sans cesse en mouvements semblent courir après leurs aspirations romantiques et humanistes qui leur échappent, ils cherchent un repère fixe, un but qui leur permettra de s'extraire de l'oppression sociale. La caméra les suit dans leur course, très mobile, très compatissante. Lubitsch aime ses personnages. Le mouvement perpétuel dans l'environnement cloisonné du magasin souligne le conflit entre la nature humaine et les valeurs de la société moderne. L'homme est prisonnier et se débat. Il y a aussi des moments de mise en scène vraiment géniaux, comme le coup de la tentative de suicide en hors-champ qui créé une tension inattendue.

Le grand James Stewart, avec un jeu tout en demi-mesure, tout en refoulements, fin et émouvant comme jamais, finit de parachever tout ça. The Shop Around The Corner est sans doute un des plus beaux films du monde, sans déconner.

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13 juillet 2009

I ♥ Huckabees - David O. Russel (2004)

huckabees

Fuckabees

Beaucoup de films vus ou revus ces temps-ci, de façon plus ou moins frénétique, début de vacances oblige.  Au cinéma : Milk, Whatever Works, The Hangover et Public Enemies. Du bon, voire du très bon, en somme, surtout pour les deux du milieu. Sinon quelques chefs d'oeuvre : Carlito's Way de Brian De Palma, Crash de David Cronenberg (10ème visionnage au moins), Land Of The Dead de George A. Romero. Et quelques choses plus mineures mais très intéressantes néanmoins comme La Personne Aux Deux Personnes de Nicolas & Bruno, ou Steak de Quentin Dupieux. Et puis des films pas très bons mais pas désagréables non plus, comme Le Parfum ou I Huckabees, justement. La motivation pour écrire revient petit à petit, alors profitons-en.

I ♥ Huckabees, c'est donc une comédie au casting de folie (Dustin Hoffman, Jason Schwartzman, Jude Law, Naomi Watts, Isabelle Huppert, Mark Wahlberg, Tippi Hedren et même Shania Twain), complètement foutraque et décomplexée, mais aussi un peu agaçante. Disons que ça se donne des airs intellectuels, ça se voudrait philosophique et réflexif, mais c'est en fait assez plat. Comme si David O. Russel avait voulu faire du Woody Allen, mais sans le talent, sans la verve, sans la profondeur surtout. Même si ce n'est pas tout à fait vrai, car le film a quand même une vraie personnalité et il n'a pas grand chose à voir avec du Woody Allen, si ce n'est cette tentative d'incruster des réflexions existentielles dans une pure comédie. Cette tentative rate en l'occurence, et I ♥ Huckabees ennuie assez et apparaît finalement bien vain.

Le scénario pour le moins original amuse un temps. Albert, un écolo militant et légèrement dépressif engage un couple de détectives "existentiels" aux méthodes assez cocasses pour résoudre les coïncidences de son existence. Les dialogues sont fins, raffinés, décalés, les acteurs sont divins, et puis ça part ensuite dans tous les sens, et malgré quelques scènes assez drôles (la scène de sexe dans la boue entre Jason Schwartzman et Isabelle Huppert est hilarante), la mayonnaise ne prend plus vraiment. Le tout manque cruellement de cohérence et de substance, et le film semble au final ne pas avoir grand chose à dire. Le scénario finit par s'orienter vers une sorte de confrontation entre deux visions de l'existence : une qui voit le monde comme une unité indivisible et l'autre qui le voit plutôt comme des fragments épars et insensés. Albert opte pour la médiation et choisit de vivre sa vie quelque part entre l'optimisme et le nihilisme. La fin du film relève ainsi plus de la morale superficielle à la Disney que d'une réflexion véritablement adulte sur l'existence.

I ♥ Huckabees, malgré sa naïveté et malgré sa légère suffisance reste tout de même très regardable voire même assez agréable par moments. Le tout manque certes de rythme, la mise en scène est certes très peu soignée et très peu rigoureuse, mais le film a un certain charme, une vraie personnalité, et fait souvent preuve d'une éxubérance assez réjouissante. Un semi-ratage donc, tantôt agaçant et ennuyeux, tantôt intéressant et amusant. Ca mérite tout de même qu'on s'y penche, rien que pour le casting assez fabuleux.

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10 juillet 2009

Eurockéennes 2009 - Yeah Yeah Yeahs - Date With The Night

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06 juillet 2009

Eurockéennes 2009 - Vendredi 3 Juillet

Premières Eurocks, un peu laborieuses (au moins je saurai qu'il vaut mieux alléger le sac l'an prochain) mais assez magiques. On se balade de concerts en concerts au milieu d'odeurs de shit, de gnôle, de transpiration, avec les tympans qui sifflent et les jambes qui tremblent, on se fait bousculer, pogoter... Une putain d'expérience ! L'ambiance générale manque par contre un peu de chaleur, je m'attendais plus à une convivalité à la Woodstock, c'est en fait un peu chacun pour son cul. L'essentiel reste de toute façon la musique, et quand on assiste à des shows comme celui des Yeah Yeah Yeahs, plus rien n'a d'importance. Grosse claque dans ta face.

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YEAH YEAH YEAHS
THE KILLS
LES WAMPAS
GHINZU
CYPRESS HILL
THE PRODIGY
THE TING TINGS
CHAPELIER FOU

L'an prochain je reste les trois jours, y'a pas moyen !

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